28/03/2015
Un article de Mouna Bechara dans Magazine
Les Libanais vivent au rythme de fragiles
dialogues et de dures négociations, autant de thèmes qui font la «une» des
médias locaux. Les déclarations contradictoires des politiciens en fonction de
leur sensibilité politique, de leurs intérêts personnels ou de ceux du courant
auquel ils sont affiliés empoisonnent le climat politique et paralysent la vie
publique du pays. Le peuple n’est pas dupe des raisons qui le privent d’un chef
à la tête de l’Etat. La ténacité des supporters d’un candidat affiché, mais non
encore certain d’avoir gain de cause, est l’un des facteurs, sinon le seul, qui
empêchent le Parlement, corps électoral, de se réunir. De toute évidence, une
faction politique ne veut pas d’un président élu, mais désigné et de préférence
par une force étrangère. Il fut un temps où les ténors de la Chambre, et les
ministres, arrivaient à convaincre les citoyens de leur bonne foi et de
l’authenticité de leurs intentions. Ce n’est plus le cas. L’indifférence à
l’égard de la caste politique s’approfondit de jour en jour. Dans un Etat, qui
se vante d’être le seul au Moyen-Orient, régi sous un régime dit démocratique,
se référant donc à la voix du peuple, celui-ci est totalement ignoré. Son avis
n’est sondé qu’à travers des urnes mensongères, manipulées moralement et
matériellement, une fois tous les quatre ans, si toutefois ce mandat n’est pas
autoprorogé comme cela est déjà arrivé plus d’une fois sans raison valable.
Enfreindre les lois constitutionnelles semble désormais inscrit dans les mœurs libanaises
car rien ni personne, à la date d’aujourd’hui, n’en tient compte ou s’en
souvient.
De Riyad à Washington, en passant par le
Vatican et Paris, ainsi que par d’autres capitales arabes et occidentales, les
«dirigeants» de l’Etat décapité sillonnent le monde en quête d’un mot d’ordre
leur «permettant» de doter le pays d’un président de la République. Ils en
reviennent Grosjean comme devant, renvoyés de partout à leurs propres
responsabilités. Ils sont, ainsi, à la merci des alliances étrangères. Mais rien
ne peut vaincre les egos. Ceci nous a menés, à ce jour, à une vacance
présidentielle de près d’un an. Et, hélas, ce n’est pas fini. C’est, toute
honte bue, que les politiciens, repris par les médias, s’adonnent à des paris,
pour le moment perdus: L’Iran et les Etats-Unis s’entendront-ils sur le dossier
du nucléaire et quand? Qui du régime syrien ou de ses opposants aura gain de
cause? Notre attente promet d’être longue. Entre-temps, les aides promises à
l’armée pour lui permettre de protéger le pays du terrorisme qui le menace lui
seront fournies, dit-on, vers la fin du mois d’avril. N’attendent-elles pas
plutôt de pouvoir être livrées à un président de la République, par ailleurs
commandant en chef de l’armée?
La fonction du général commandant de l’armée,
dont la mission actuelle est risquée, et plus indispensable que jamais, pose
également un grave problème. Le général Jean Kahwagi, ayant atteint l’âge de la
retraite, son successeur, s’il est désigné, devrait faire allégeance au chef de
l’Etat. Mais les prorogations étant de mise, celle du général n’échappera
peut-être pas à la règle.
Les citoyens, quant à eux, semblent
s’accoutumer ou se résigner à l’idée d’un Etat sans chef. Ils ne s’en
préoccupent plus outre mesure. Que la Constitution soit bafouée aussi souvent
devient le dernier de leurs soucis. Leurs principales inquiétudes viennent des
surprenantes révélations quotidiennes du ministre de la Santé sur les avaries
alimentaires qui, certes, ne datent pas d’aujourd’hui. Combien en ont-ils
souffert et en souffrent-ils encore. Son collègue de l’Economie ne dénonce-t-il
pas, de son côté, les scandales et les malversations dans différentes
administrations? A-t-on été les dindons de la farce pendant tant d’années?
Impuissants à résister aux mafias de l’argent ou aux chants des sirènes
communautaires? La question aujourd’hui, où la crise a atteint son paroxysme,
est de savoir jusqu’où peut aller, dans les conditions actuelles du pays,
l’opération mains propres menée par les ministres du gouvernement Salam? Celle-ci servira-t-elle d’exemple à ceux qui leur
succèderont? Peut-on espérer être sur la bonne voie vers un Etat assaini?
Autant de questions troublantes et toujours sans réponses. Mouna Béchara
Mon commentaire (publie
sur Magazine aussi)
Oui Mouna, tout ce que vous dites là, je l'ai
dit et redit maintes fois et de maintes façons, sur mes blogs, et au sein des
articles publiés dans les colonnes Opinion de l'Orient- le Jour, jusqu'au jour ou « on "
décida de cesser de les imprimer car ils devenaient trop révélateurs. Je
l’ai fait aussi dans les diverses
"réclamations" que je n'ai cessé de présenter aux responsables
par écrit ou oralement au cours des multiples conferences-debats auxquelles je
n'ai jamais omis de prendre part.
Chacun joue son rôle dans cette grande scène
qu'est devenue la "so called" démocratie Libanaise. Le seul qui est oublie dans cette tragi-comédie c'est
en définitive le citoyen lambda.
Et
pourtant la solution est toute simple. Mais, voilà, ils n'en veulent pas. Il y
a une semaine j'ai eu même l'impertinence de leur lancer à la face les noms de
cinq personnalités qui pourraient, si elles le voulaient vraiment, à elles
seules, trancher ce nœud gordien. "On" m'a fait impoliment taire. Et
voilà, Mouna, ou nous en sommes arrivés à ce jour
George Sabat
Un message a Marie-Dominique Farhat publie sur facebook
Marie Dominique, c'est exactement ce que je m'égosille
a répéter a la 3V a "Sakker El Dekkane", et bien avant a LTA, et a beaucoup d'autres NGOs depuis 2005, sans
qu'aucune d'entre elles n'accepte de me suivre et d'essayer de me comprendre. Toutes veulent traiter de sujets, fort
importants certes, mais moins vitaux que celui-ci. Comment voulez-vous protéger
les droits de la femme, faire voter une nouvelle loi électorale, lutter contre
la corruption, protéger l'environnement et la sante du citoyen si, à la base,
les finances du pays s'amenuisent de huit milliards de dollars CHAQUE ANNEE?
Pour réaliser les objectifs que je viens de nommer il faut de l'argent, du
"flouss" or celui-ci s'évapore chaque année, sans que quiconque s'en aperçoive
et se préoccupe de trouver le moyen de mettre un frein à cette dilapidation.
Ceux que je blâme le plus ce sont mes amis, les économistes qui eux, savent ce
qui se passe, mais ne font rien pour le prévenir. J'espère qu'ils vont enfin
commencer à bouger, car il ne reste pas, malheureusement, beaucoup de temps.
http://www. How-much-time.blogspot.com